jeudi 23 juin 2011

Montréal, pour les touristes

    Personnellement, Montréal au ¨Printemps, c'est quand même bien plus l'fun qu'en hiver !!! Finies les doudounes suffocantes, les chaussures salies par la neige, les rhumes à la pelle, et la goutte au nez (très agréable lors d'une conversation !), places aux lunettes de soleil, tongs, et marcel !

    C'est aussi au Printemps que j'ai pu travailler dans le call-center d'une banque américaine. L'expérience a été très bonne, horaires 11h00-19h00,  super équipe, dynamique. Il y a bien sûr toujours cette empreinte Nord-Américaine, y compris dans le management et la gestion du personnel, à savoir que le turn-over est assez important, notamment pour les postes "de base", malgré des conditions d'emploi plus qu'intéressantes dans la compagnie.
    On avait une salle de repos pour employés avec écran plat, baby-foot, et même une Wii avec plusieurs manettes, histoires de dynamiser les pauses !!! Au final, j'ai amélioré mon niveau d'anglais un minimum, et ai parlé à des centaines et des centaines de Canadiens (30% francophones, 60% anglophones, et 10% dont la langue est à ce jour encore inconnue, malgré mes efforts de compréhension), à propos de cartes de crédit essentiellement.
    Je suis passé par plusieurs stades "psychologiques" selon la personne que j'avais au bout du fil: de l'amusement, de la colère, de la stupéfaction, de la pitié même. Plusieurs fois j'appelais la personne Monsieur alors que c'était Madame (et inversement), je me suis fait dragué, mais aussi insulté ! D'autres fois, les gens commençaient une conversation sur le temps qu'il faisait à Montréal, ou bien me racontaient un bout de leur vie ...

    A Montréal les arbres ont repris des feuilles et des couleurs, la nature se fait plus vivante et bruyante, et les rues se remplissent de badauds tandis que les terrasses sont prises d'assaut. La rue Ste-Catherine, principale artère commerçante du pays, est d'ailleurs en partie rendue piétonne pour l'été, au niveau du Village, vraiment très sympa ! Les images parlent d’elles même :


Rue Ste-Catherine, piétonne en été.
Pont Jacques Cartier

Eglise St James, rue Ste Catherine
Montréal, Downtown
Montréal, Downtown
Montréal, Downtown

Montréal, Downtown
Montréal, rue Peel

Montréal, Boulevard de Maisonneuve
Ecureuil pris sur le vif, Mont-Royal
Parc du Mont-Royal
Couple au bord du lac aux castors, Parc du Mont-Royal
Montréal, vue sur le centre-ville
Montréal, cimetière du Mont-Royal
Montréal, Downtown
Montréal, métro Peel

    Maintenant, parlons un peu folklore Québécois : tout bon touriste qui se respecte, tout comme l’habitant local, se doit d’aller au moins une fois dans une cabane à sucre (prononcer cabane à suc’). Il s’agit d’une petite cahute en bois, perchée à 30 m de haut, qu’on ne peut atteindre qu’en grimpant à une corde, et où l’on déguste environ 1L de sirop d’érable qu’un chasseur nous verse dans le gosier avec un entonnoir … ah ah mais non, c’est un restaurant tenu par des fermiers qui récoltent le sirop d’érable (ça les occupe  environ la moitié de l’année, ils exercent une autre activité le reste du temps). Le repas est en réalité un brunch, savant mélange de sucré salé aux saveurs d’érable : fèves à l’érable, omelette et pancakes au sirop d’érable, jambon cuit à l’érable … autant dire qu’on a intérêt à apprécier le goût particulier du sucre de cet arbre, sous peine de devoir tout déglutir sur le chemin du retour (ça fait tâche pour la voiture de location !).


Menu de la cabane à sucre
Cabane à sucre
Serge, à l'arrière de la cabane à sucre (eh oui, un lama au milieu des érables du Québec, ça existe !!!)
    Les dernières occasions de goûter l’érable frais se situent vers la première quinzaine d’Avril, et il fait encore assez froid pour pouvoir savourer la tire d’érable : dans le principe, du sirop d’érable liquide et chaud est versé sur de la glace, puis on vient appliquer un bâtonnet de bois qu’on enroule autour du filet d’érable qui se durcit rapidement pour être mangé comme une sucette.


Tire à l'érable
Cuves de préparation du sirop d'érable


   Un autre lieu familier des Montréalais est le Mont-Tremblant. J’avoue ne pas savoir d’où lui vient son petit nom, peut-être que le colloque annuel sur la maladie de Parkinson y est pour quelque chose … . Dans tous les cas, il s’agit d’un des plus grands parcs naturels du Québec, et le village du Mont-Tremblant est situé au pied de pistes sur lesquelles les habitants des villes alentours viennent skier. C’est apparemment assez guindé l’hiver, donc assez cher, et l’architecture locale est souvent comparée à celle d’un village Disney. Le mois de Juin étant celui à éviter pour se promener dans le parc naturel, c’est tout naturellement en plein milieu de celui-ci  qu’on a pris la décision d’aller y faire une rando ! Eh oui, c’est à cette saison que les bébés moustiques et autres petites réjouissances font leur apparition dans la nature, autant dire qu’on leur a servi de festin.


Rando Mont-Tremblant
Mont-Tremblant
Mont-Tremblant
Nico et Lydie, telle la Belle et le Clochard (!), au bord du lac Poisson, Mont-Tremblant
Mont-Tremblant
Lydie, ma coloc, avec la fameuse cagoule moustiquaire, à la pointe de la mode
Lac Poisson, Mont-Tremblant
Nico, mon coloc, et moi, entrain d'abattre un arbre à dents nues
Mont-Tremblant
Mont-Tremblant
Mont-Tremblant
Nico, mon coloc et moi au Mont-Tremblant
Accouplement d'un arbre et d'un rocher, Mont-Tremblant
Tic, de Tic et Tac, au Mont-Tremblant
Mont-Tremblant
Mont-Tremblant
    Preuve que le ridicule ne tue pas, j’ai investi dans une cagoule moustiquaire, qui sert essentiellement à ne pas gober les moustiques, en plus de gâcher complètement la vue périphérique.


La classe incarnée
Mont-Tremblant
Mont-Tremblant
    A part ça, la nature est luxuriante, les couleurs vives (j’ose imaginer durant l’été indien…), et encore assez peu envahie par les touristes à cette période de l’année. Le parc comprend également beaucoup de lacs, de tailles variables, mais il faisait encore un peu juste pour y piquer une tête.


    De retour à Montréal, le quartier du stade olympique est évidemment un des hauts lieux à visiter. Des épisodes de grèves massives des ouvriers associés à de sérieux problèmes techniques et financiers  manquèrent de provoquer l'annulation de la tenue des J.O d'été à Montréal en 1976. Le stade possède la tour penchée la plus haute du monde, son inclinaison de 45° lui permettant de surplomber le bâtiment, tout en servant de point de fixation aux câbles qui suspendent la lourde toile couvrant le toit du stade (qui s’était effondrée en partie à plusieurs reprises par le passé).


Stade Olympique
Reflet du biodôme, ancien stade des compétitions cyclistes reconverti en zoo.
    La montée au sommet de la tour s’effectue par un ascenseur incliné, qui nous y emmène en 95sec. : on arrive dans la file d’attente, quand on entend un petit groupe faire son entrée et nous passer devant en trottinant. Chanceux comme on est, il a fallu qu’un groupe de 30 asiatiques, pressés comme des citrons, se joignent à la visite. Finalement assez proches de la caricature qu’on peut en faire, ils étaient bruyants, prenaient des photos à foison, et s’agitaient dans tous les sens. A part ça, la montée de la tour est réellement impressionnante, et la vue sur Montréal et sa banlieue à 80km à la ronde (par temps clair) tout bonnement immanquable. A faire au moins une fois !


Tour du stade olympique, et ses câbles d'acier
Tour du stade Olympique
Ascension de la tour, vue depuis le funiculaire
Vue depuis la tour penchée, sur le toit en toile du stade et Montréal
Panoramique de Montréal
    
    Enfin, niveau gastronomie, Montréal n’est pas en reste, attention la France, y’a de la concurrence ! Dans le quartier du vieux port de Montréal se trouve un restaurant de cuisine moléculaire (le Fibo), qui propose une cuisine très conceptuelle, avec association d’ingrédients et modes de cuisson/préparation qui sortent de l’ordinaire, tout comme le prix d’ailleurs:

    Huîtres aphrodisiaques cuites à l’azote liquide sous des perles de fruit de la passion.




Huîtres aphrodisiaques


    Bonbons de pétoncle à la betterave, champignons magiques (!) avec mousse de lavande, tataki de thon rouge, émulsions de "red hot chili pepper", perles de menthe .... A essayer, histoire de satisfaire notre curiosité, à défaut de remplir l’estomac.


    Enfin, j’ai passé ma dernière semaine à Montréal avant le grand départ pour les Etats-Unis. C’était peuplé dans la coloc’, avec l’arrivée Lundi d’Alex et Eloïse débarquant tout droit d’Adélaïde en Australie, suivie Mercredi de celle d’Isabelle arrivant de Suisse pour passer 2 mois et demi à traverser les USA d’Est en Ouest et du Nord au Sud en ma compagnie.

Dernier repas avec la coloc: sushi à volonté sur St-Denis !





Isa et moi dans le métro
     La dernière semaine a également été marquée par les Francofolies de Montréal, avec le concert de Cali Jeudi soir place des arts: du monde, du monde et encore du monde. Même si je ne suis pas fan des musiques, il faut avouer que le gars est un show-man hors-pair qui sait y faire pour chauffer un public pas forcément aussi acquis à sa cause qu'à l'accoutumée.

Cali, Place-Des-Arts, Montréal
    Mais qui dit voyage, dit transport. Pour être assez libres et pouvoir voir un maximum de choses en « si peu de temps » (je sais, tout est relatif…), on a opté pour la location de voiture, qui revient certes plus cher que la solution bus, mais nous donne plus de marge de manœuvre par rapport aux campings et lieux à voir. L’agence de location de « chars » (à la Québécoise) n’avait encore jamais eu de demande pour un temps aussi long ! Bref Vendredi dernier nous avons été récupéré Titine qui se trouve être une Focus 2012 noire flambant neuve (6000 km) !!! De quoi se la jouer kéké boy une paire de fois … .







    La voiture récupérée et parquée comme il se doit, voilà qu’on se prend déjà la première prune, au bout d’une heure seulement !

Ca démarre bien ...


Le BIG TRIP est déjà dans nos esprits ... 17000 km en 80 jours, ce n'est certes pas le tour du monde, mais déjà bien assez pour rêver de si belles vacances. Ci-dessous la carte du trajet présumé:

BIG TRIP U.S.A

lundi 11 avril 2011

22 V'là l'Printemps !!!

    C'est dire s'il se seront fait attendre, mais les beaux jours sont enfin arrivés au Québec ! Du coup les fringues d'hiver sont soldées à droite à gauche, les stations de Vélib' fleurissent à tout les coins de rue (elles hibernent l'hiver, pédaler dans 50cm de poudreuse n'est pas du goût de tout le monde), et les premières terrasses ont rapidement fait leur apparition. Aucune comparaison possible avec la France bien entendu, mais au moins j'ai pu me trimballer en chemise dehors, sous les regards circonspects des locaux, qui à l'inverse ne semblent pas du tout gênés de garder une doudoune en plein soleil par 15°C ... paraît même qu'on atteindra 23°C ce Lundi 11 Avril ! De quoi voir les tenues "ras la belette" poindre le bout de leur nez !

Rue Ste Catherine, Le Village, 9 Avril 2011

    En ce qui concerne les jobs, j'ai fini ma mission auprès de l'Ordre des infirmiers/infirmières, et de deux semaines prévues au départ, j'ai finalement travaillé quatre semaines complètes. Alors bien sûr, c'était un travail pépère et assez bien rémunéré pour un job de PVTiste, mais le degré de réflexion nécessaire à la tâche étant proche du néant absolu, chaque journée terminée était un vrai soulagement ! Premièrement, le temps ne m'a jamais paru s'écouler aussi lentement ... où comment réinventer les lois de la physique le cul sur une chaise, un carnet de formation dans la main, et les yeux rivés sur un écran à tenter d'améliorer sans cesse mon "rendement" et ma vitesse de frappe. 

             8h29: Arrivée ... 8h30: Logiciel ouvert ... 8:31: j'en ai marre ...

    Le plus pénible est surtout d'avoir le sentiment, justifié, de ne rien apporter dans mon travail, ce qui entraîne une frustration permanente. Pourtant, mes anciens jobs de serveur en Espagne et d'assistant d'attraction à Portaventura, pourtant pas des plus évolués non plus, me permettaient au moins d'y mettre du mien, de laisser ma "patte" personnelle grâce à quoi je pouvais voir que les gens à qui j'avais affaire repartaient satisfaits, et avec le sourire. Ici, rien de tout ça, enfermé que j'étais dans un petit bureau sur-climatisé (merci pour le rhume) et sans fenêtre, juste une suite de caractères saisis sur un clavier dont l'appui sur la touche entrée venait me rappeler, tel un couperet, les centaines de rapports encore à traiter. Une femme qui s'appelait Hélène travaillait avec moi dans le bureau, et elle connaissait déjà bien ce "jour de la marmotte", équivalent Québécois du jour sans fin, où chaque jour vécu est identique au précédent. Elle passait d'ailleurs beaucoup d'heures à travailler ici, négligeant sa santé tout en partageant son temps avec ses cours à l'université pour devenir prof et essayer de s'en sortir afin d'offrir un meilleur avenir à sa fille de 12 ans, qu'elle élève seule depuis que son copain l'a quittée du jour au lendemain alors qu'elle était enceinte de 4 mois ... une histoire assez dure, comme tant d'autres... une vie qui ne fait pas de cadeaux, comme à tant d'autres ... mais un sourire simple et sincère doublé d'un pragmatisme que tant d'autres envieraient.

    Le personnel était en revanche vraiment sympa, j'avais par contre l'impression d'être l'attraction du siècle quand je suis arrivé pour la première fois: en effet j'étais le premier gars à venir travailler dans le mini service des formations/admissions depuis des mois et des mois, c'est dire comme ça gloussait sévère en se mettant en mode radio potins ! 
    Mais au final, cette expérience m'a permis de relativiser les tâches au travail, et de me rendre compte une nouvelle fois avec quelle vitesse le monde du travail évolue ici. En effet, je travaillais depuis 7 jours à peine, que je me suis retrouvé assis dans le bureau du directeur de l'Ordre, à me faire offrir une proposition d'emploi pour un an, en vue de remplacer la chargée de relation aux admissions et validation des diplômes (rien à voir avec les tâches répétitives) qui partait en congés maternité. Là encore, un emploi ne s'obtient peut-être pas autant sur son CV qu'en France (la preuve, ni l'administratif ni la santé ne font partie de mon cursus), mais bien sur la capacité à s'adapter, sur le terrain, en situation concrète. C'est surtout le côté hyper rapide de la démarche qui m'a laissé bouche bée. D'ailleurs au Québec, aucun préavis légal n'est imposé par la loi au salarié qui pose sa démission, et de même côté employeur, les préavis de licenciement pour des salariés "relativement" récents dans une entreprise sont réduits. Entre avantages et inconvénients, il faut faire la part des choses dans le système, mais il en résulte un marché du travail hyper-dynamique, et contrairement aux USA, les protections sociales sont importantes au Canada.

    A peine la porte de l'Ordre des infirmiers franchis pour la dernière fois, je me dirige aussitôt vers une agence d'intérim qui m'a trouvé un poste encore mieux rémunéré et tout à fait différent: support clientèle dans organisme financier. Je démarre le 18 Avril pour une semaine de formation, et si tout se déroule bien, j'aurai à répondre à des appels entrants de clients ayant contracté des crédits et autres cartes de paiement, répondre à leurs questions, suivre leur dossier, et tenter de les fidéliser en les incitant à souscrire à des services supplémentaire. Et oui je vais enfiler ma cape, mes oreilles pointues et ma fourche du vilain diable chantre du capitalisme dérégularisé ... ça risque d'être intéressant. 
Mais il y a un (petit ... gros ?) hic: c'est un poste bilingue ! Je verrai bien ce que ça donnera, et ce job sera finger in the nouze ou ne sera pas !


     A part ça on est désormais 5 dans la coloc, depuis l'arrivée de Lydie et Nicolas de ... TOULOUSE ! Very small world huh ? Super ambiance, c'est encore mieux à plusieurs (rien de sous-entendu ...). Paraîtrait même qu'on s'apprête à accueillir un 6ème habitant ... petit ... très petit ... avec de grandes oreilles (non, non pas Sarko ahahah que c'est drôle...). Normalement, les photos sont pour bientôt !

    Et comme on ne perd pas de temps, on est partis à Boston les 2 et 3 Avril dernier pour (re)découvrir une ville au charme indéniable, savant mélange de culture Américaine et Européenne. Mais qui dit road trip, aussi court soit-il, dit voiture (ou char en version Québécoise) ! Et pas n'importe laquelle, jugez plutôt:

Dodge Journey 8 places
    Levé 5 heures du mat', Montréal dort encore à poings fermés, le soleil se lève dans la brume matinale et vient délicatement esquisser le skyline des buildings encore vierges de toute l'agitation du centre-ville. Nous enjambons le St-Laurent, direction les USA à travers un paysage encore flétri de l'hiver qui s'accroche comme il le peut en parsemant les collines et les plaines de son petit duvet, comme pour rappeler à qui veut bien l'entendre que le Printemps nouveau reste encore bien frêle sur ses petites branches fragiles ...

     Arrive le moment de la frontière Américaine, avec le traditionnel formulaire à remplir, le scan digital des empreintes, et la photographie. Je passerai sur le fait qu'encore une fois, j'ai l'impression d'arriver à Guantanamo, je me dis que ça fait partie du folklore américain ... oui après tout on vient passer du temps à dépenser notre argent pour enrichir leur économie, alors subir à chaque fois cette suspicion exacerbée a de quoi agacer. La ligne Maginot franchie, c'est le top départ pour un week-end de gras et de sucre !!!! 1ère étape, le starbucks coffee, avec les calories de toutes les parts de gateaux et boissons chaudes affichées, mmmmm la moitié de mes besoins en calories journalières pour un p'tit déj, ça fait du bien !! La route continue, tout le monde dort, sauf le conducteur (quoique...). Vu qu'on a encore faim, quoi de mieux qu'un fast food ? McDO ? Non, trop classique, on file chez WENDY'S, avec un ersatz de fifi brin d'acier en mascotte, du genre une gamine rousse de 10 ans affublée d'un air angélique qui invite l'autochtone à manger ça:

Les fast food US: non non, ce n'est pas une légende, et c'est pas cher !
 
   Sur la route, une petite escale dans une ville Méditerranéenne (?!)  j'ai nommé MONTPELIER avec un seul L. On reste assez loin des palmiers, de la chaleur et des fous du volant, mais plutôt la bourgade typique où l'évènement le plus people de l'année est la kermesse de l'école, sponsorisée par le bar du coin et la station essence:

Montpelier, USA, 2 Avril 2011
Montpelier, USA, 2 Avril 2011
    Ensuite direction Salem au Nord de Boston, la ville des sorcières. Pour faire simple, à la fin du XVIIe siècle, des gamines présentaient des symptômes inhabituels (convulsions, langage inconnu ...) que les médecins furent bien incapables d'expliquer sinon que de les attribuer à une forme de possession par le diable. D'autres fillettes furent atteintes, et on leur demanda de désigner les responsables de leur état, chose qu'elles firent en accusant trois femmes, pauvres pour la plupart. S'en suivit un procès où les trois prévenues furent accusées de sorcellerie, et l'affaire prit une telle ampleur que pas moins de 80 personnes furent jugées, dans un climat de délation qui incitait les citoyens à dénoncer leur voisin soupçonné de sorcellerie, contre rémunération. 19 personnes furent pendues, et l'hystérie collective prit fin quelques mois plus tard, la justice américaine s'étant rendue compte de son extrémisme et de ses erreurs. Aujourd'hui la ville est un lieu essentiellement touristique, des boutiques spécialisées en magie noire (on peut même acheter sa poupée vaudou pour souhaiter la mort de quelqu'un, sympathique n'est-ce pas ?), aux musées retraçant la folie qui s'est emparée du lieu quelques centaines d'années auparavant.

Quand on mixe le Père Noel avec Gandalf, ça donne ça !
Je précise que bien évidemment, je les ai tous lu.
    L'arrivée à Boston en fin d'après-midi nous permet de découvrir l’hôtel impeccable, avec piscine intérieure (pour un peu plus de 20 € par personne qui dit mieux ?). S'en suit une soirée au centre ville, à manger gras évidemment, chez les ritals de Little Italy.

La bande, près du port, 2 Avril 2011

Quincy Market, rassemble de nombreux fast-foods de divers horizons
    Le Dimanche, étape à Harvard, la plus ancienne et prestigieuse université Américaine, fondée au début du XVIIème, et qui a accueilli de nombreux chefs d'Etats américains (Obama, Kennedy, Bush...) et étrangers, tout comme des scientifiques et économistes de renom. Le campus est d'un calme olympien, très raffiné dans son agencement, presque bourgeois, avec un petit côté "so british" . 


J'avoue, je me la raconte ... un peu.
    Harvard, c'est également un petit village à part entière, à quelques encablures de la ville de Boston à proprement parler, qui ne vit que grâce et pour l'école. Nous avons pu prendre un brunch dans un café où la nourriture n'avait rien à envier à nos meilleures enseignes françaises, on y trouvait même des cannelés de Bordeaux (petite larme de bonheur...)!!!

A tester: la chocolatine aux épinards et ricotta (sans chocolat, ça va de soi...)
    Le reste de la journée passée à déambuler dans les rues de la ville, au gré des envies et en suivant la fameuse Freedom trail, ligne rouge sur les trottoirs permettant de rejoindre un à un les grands lieux qui ont marqué l'histoire de la ville, un peu de culture ça ne fait pas de mal. 






    En revenant à Montréal, on s'est arrêtés dans un mall à l'américaine pour une séance de magasinage dans des boutiques à foison sur deux niveaux, une (très) grande surface, mais qui ressemble malgré tout à certains de nos centres en Europe, avec des gens plus rondouillards. D'ailleurs, même si c'est pas beau de se moquer, ça reste tellement bon que je ne résiste pas à vous montrer ce client de McDo chez qui le BigMac semble avoir des effets soporifiques dévastateurs:


    Et comme on ne pouvait finir un weekend  bouffe sans passer par la case resto, direction Burlington sur le chemin du retour, dans un restaurant français à la cuisine absolument exquise. Et oui comme quoi, les clichés ... on peut très bien manger aux USA, en sachant où aller (morale du soir, bonsoir).

    Dernière étape: la douane canadienne. Si on reste moins de 48 heures aux USA, le montant de marchandises achetées ne doit pas excéder 50$, tandis qu'il atteint 400$ si on reste plus longtemps. Nous devions donc attendre les minuit pour ne rien risquer, mais malgré les factures conformes, on s'est quand même fait arrêtés, et les douaniers ont fouillé le véhicule !


Pour résumer ce weekend, je vais faire dans le simple mais efficace: VIVE BOSTON !!!


lundi 14 mars 2011

1 mois déjà !!!

    29 jours déjà que j'ai débarqué au Canada ... je n'ai pas encore été expulsé, tout va bien !
    29 jours, c'est aussi le temps qu'il faut à un terrible virus pour se propager à travers la planète dans un film de zombies, et le temps qu'il faut attendre entre deux numéros de "Sanglier Passion", mais bon, je m'éloigne un peu là.

    29 jours pour changer, l'espace d'un temps, de vie, de travail, d'appart, d'habitudes, de connaissances, de perspectives ... bref de tout ou presque. Avec le recul, c'est très rapide, mais d'un autre côté, cela procure un sentiment unique, celui d'être peut-être pour la première fois réellement aux rennes de ma vie. Quand tout est à prouver, quand il faut repartir sur des bases complètement nouvelles et que le destin nous sourit, on se sent plus fort, plus grand. Cela fait un bien fou, et je souhaite vraiment à tout le monde d'avoir une expérience comme celle-ci. Car c'est aussi ce qui permet d'avoir le recul suffisant pour se rendre compte de ce qu'on laisse derrière, de réfléchir sur tout le chemin parcouru jusqu'à présent, sur nous-même... sur l'avenir.


    Mais puisque ces lignes me servent aussi à raconter les évènements concrets de la vie Montréalaise, c'est parti !

    Première chose, la tempête de neige ! Alors que je me voyais déjà pouvoir enlever l'écharpe, voilà que Mère Nature a décidé d'en remettre une couche la semaine dernière, avec une des tempêtes les plus sévères de cette saison 2010/2011. La veille il fait "chaud", sous entendu 2°C environ, et le lendemain, BAM !!! 30cm de neige à Montréal (je ne parle même pas des villes en plaine, comme Sherbrooke, où l'accumulation a atteint 70cm). Bref tout ça pour dire que le bon vieil adage du "En Avril, ne te découvre pas d'un fil" est plus que jamais d'actualité. Il faut savoir qu'il y a quelques années à peine, Montréal a reçu de la neige en Juillet ... déprimant hein ?

    La recherche de travail a continué, j'ai été dire bonjour à Adecco et Manpower, et ai finalement eu ma première vraie journée de travailleur Mardi 8 Mars ! Quelle douceur de voir le soleil matinal venir parer l'environnement d'une lumière feutrée et apaisante ... le calme avant la tempête. En effet, les transports en commun sont comme partout ailleurs bondés aux heures de pointe, ce qui fait qu'il n'y a souvent pas suffisamment de place pour rentrer dans la rame ... dans ce cas, on prend les mêmes et on recommence !      
    Fraîchement débarqué dans le centre-ville à l'Américaine, je me dirige vers l'adresse en question, et là, attention, Grande Classe: j'arrive au pied d'un énorme gratte-ciel du centre-ville, vaste hall d'accueil avec réceptionniste, 4 ascenseurs de luxe, je file au 4ème étage. Il est 8h45, je suis censé commencer à 9h00 ... j'ai jamais été autant à l'avance à un travail (certains de ceux et celles qui liront ce blog pourront le confirmer ;-)  ). Ma tutrice pour la journée a pour sa part pris son temps pour venir, puisqu'elle ne poussa la porte des locaux qu'une demi-heure plus tard ! Confortablement installé à mon poste de travail, avec une vue imprenable sur le building d'en face (ça fait très Wall Street), et ayant écouté les conseils avisés de ma patronne du jour, me voilà fin prêt pour voir défiler entre mes mains des centaines de chèques pendant toute une journée. Ma tâche était de saisir les montants et les n° de références des clients qui figuraient sur les papiers, et les reporter sur un logiciel, en triant ceux qui ne correspondaient pas aux factures. Rien de bien compliqué en somme, mais c'était très abrutissant ! On dit de certains métiers manuels qu'ils sont répétitifs et pénibles, mais là aussi, dans le genre "mon cerveau travaille à la chaîne", c'est pas mal non plus. Au moins, les courses seront remboursées avec mon p'tit salaire !


    Depuis, j'ai obtenu un nouveau job, pour une durée un peu plus longue cette fois, deux semaines, chez l'Ordre des infirmier(e)s du Québec, où mon rôle est d'actualiser leurs formations professionnelles depuis deux ans dans un logiciel dédié à partir de carnets remplis par eux. Tranquille et pas trop mal payé, et en plus je finis à 16h00 !


    En dehors de ça, la vie Montréalaise est ultra  riche d'occasions et de découvertes à faire ! Ville culturelle s'il en est, les occasions ne manquent pas pour qui a soif de culture et aime faire la fête. Tout étant à portée de main, on ne se pose pas trop de questions ! Habitant entre le Village et le Plateau, les deux zones fêtardes de Montréal, j'ai l'embarras du choix, entre spectacles d'impros, fête des Lumières, bars et "cabarets" à 5min à pied ... du tout bon !!! Et quand on ajoute à cela des rencontres avec des gens bien sympas qui valent le détour, on se tait et on savoure :-)

    J'allais oublier ! Après une bonne soirée, la meilleure façon Québecoise de célébrer la fin de la nuit n'est autre que de prendre le bus à environ 4heures du mat' pour aller à "La Banquise", établissement emblématique du Plateau Mont-Royal ouvert 24h/24-7j/7, qui voit les affamés de la nuit se ruer dans son antre afin d'y déguster la traditionnelle poutine (frites, sauce à viande, fromage fondu). Après une bonne caisse, ça colmate!



    Un succès tel qu'on est obligés de faire la queue, pour emporter ou pour manger sur place. Déguster en groupe nos 400g de poutine (agrémentée de jambon et d'ananas pour ma part) par -5°C, c'est tout simplement mythique !

mardi 1 mars 2011

Looking for a job ...

Puisqu'il faut bien vivre et ramener des sous à la maison, et une fois passées les deux premières semaines de remise à zéro de l'horloge interne, vient le moment de se retrousser les manches et de trouver "UNE JOB" comme le disent les Québécois !

    Tout d'abord, je transforme mon CV. Eh oui, ici rien à voir avec les CV français, pas de photo ni mention de l'âge ou de la nationalité, cela fait partie des lois concernant les discriminations. De même, plus que la formation, ce sont les compétences qu'il faut mettre en avant, suivies de très près par les expériences. Cette façon de procéder est assez différente de la culture Européenne, puisqu'on jugera quelqu'un sur ce qu'il peut apporter de concret à une entreprise plus que sur son diplôme ou les diverses étiquettes accumulées.

    Je commence par les agences d'intérim, appelées agences de placement ici car elles permettent de trouver aussi bien des emplois "temporaires" que "permanents".

    Direction la première d'entre elles, Thomson Tremblay. Nichés au coeur d'une tour du centre-ville, les locaux pour chercheurs d'emplois en soutien administratif sont assez classieux et je m'attends plus à ce qu'on me propose un massage personnalisé qu'un travail à proprement parlé. Je me dirige vers l'hôtesse d'accueil qui me reçoit avec un large sourire et je lui explique ma situation (1ère visite, PVTiste, français, ...) et lui tend mon CV qu'elle classe alors au milieu d'une pile de feuilles qui se ressemblent toutes ... et là je me dis que ça commence mal. Quand je lui demande si un conseiller peut me recevoir, elle me répond qu'ils sont tous en rendez-vous, et lorsque je propose de repasser quelques heures plus tard, je me vois gentiment rembarré par un "non, attendez plutôt qu'on vous appelle". Maigre consolation, la réceptionniste me donne une piste: aller au service qui s'occupe des emplois dits "industriels".

    Suivant ses indications à la lettre (au fond du parking (!) à droite)), je me retrouve dans une allée sordide, au détour d'une ruelle qui n'a rien à envier aux bonnes vieilles scènes de crime des Experts. Me demandant bien où diable peut se trouver le cabinet de recrutement, j'aperçois alors une toute petite pancarte m'invitant à grimper quelques marches aussi dégoûtantes que le reste. L'interphone, décâblé, ne servant à rien, j'ouvre la porte et, tel Alice suivant la trace du lapin blanc, je me retrouve deux niveaux plus bas au beau milieu d'un bureau vide des années 60, moquette marron dégarnie par le temps, murs beiges subtilement recouverts de tâches, mobilier sauvé in-extremis de la déchetterie, etc ... J'ouvre une seconde porte et arrive enfin dans le service en question, qui ne respire pas plus la modernité que le reste. Un agent, dont le sens du mot joie de vivre lui avait échappé, m'accueille, et je lui présente mes papiers pour qu'il puisse saisir les infos sur ... un Minitel ! "What a wonderful wooooorld" !!!
    Au cours de la discussion, il me fait comprendre que je ne suis pas vraiment à ma place ici, les métiers consistent à travailler sur des chaînes de production en tant qu'ouvrier dans des conditions pénibles. Je passe une série de tests de maths/grammaire anglaise et française et je me souviendrai toujours de la section des "mots contraires" où la réponse à la question était le mot ... DESESPOIR ! Je lui fais alors comprendre que c'est vrai, je ne cherche pas en priorité ce type de postes, mais que je suis volontaire et motivé pour tout travail, aussi pénible soit-il.
    C'est aussi là que je me dis qu'avoir pu faire des études est quelque chose d'important, et que ceux qui n'ont hélas pas eu cette chance méritent un profond respect, vraiment. Ca fait du bien de relativiser les choses parfois...

    Le conseiller me renvoie alors au premier service (administratif), et je tente de nouveau le coup en insistant lourdement auprès d'une deuxième réceptionniste pour avoir un rendez-vous ... et bingo, ca paie, un conseiller est libre, et me donne plusieurs infos sur les emplois. Aucune offre pour le moment, mais au moins, j'ai mon contact !

   Je me dirige vers la seconde agence de placement, RANDSTAD, où je suis amené à effectuer des tests de performance sur ordinateur qui mesurent la vitesse de saisie de données alphanumériques, et les compétences sous WORD, EXCEL, et POWERPOINT... Miladiou !!! Que de questions retords me demandant comment faire telle action en visant tel résultat sans cliquer à tel endroit !
    Visiblement, mes résultats sont assez bons, mais une fois de plus, pas d'offre disponible immédiatement, je prends mon mal en patience, et ajoute un contact de plus à mon carnet d'adresses.

    L'autre solution réside à utiliser la bonne vieille méthode des petites annonces. C'est ainsi que je propose mes services pour la garde d'enfants, l'aide aux personnes âgées, la traduction de textes anglais/français, l'aide à la comptabilité, le soutien administratif, commis en cuisine, ...

    Je candidate également pour être aide ménage, étiqueteur de produits en usine, manutentionnaire en chambre froide, commis à la pâtisserie, participant pour une étude clinique sur le sommeil, aide de chantier, vive l'ecclectisme !

    Allez je garde espoir, 5 jours de recherche, je sens que ça va bientôt payer ... en espérant ne pas en arriver là: